L’écologie politique défend le vivant et cherche à prévenir les effets négatifs des activités humaines sur l’environnement. La technologie est donc souvent perçue par les écologistes comme la source des maux actuels alors qu’elle peut être une partie de la solution.
S’intéresser aux causes des déséquilibres actuels aboutit généralement à une condamnation de l’industrialisation et à une volonté de préservation par la sanctuarisation du vivant et la diminution des gaz à effet de serre par la mise en place de diverses écotaxes assez mal perçues par les populations. Certains prônent la décroissance d’un point de vue économique et une coupure radicale de nos modes de vie actuels : renoncer à l’avion, à la voiture, limiter le transport individuels des particuliers.
Si la préservation de la biodiversité et de la qualité de l’air est indispensable, il est peu probable que l’arrêt complet de toute activité humaine enraye à ce stade le changement climatique qui s’opère, ceci, indépendamment d’ailleurs de sa cause. Il semble dorénavant acquis qu’un risque de désertification de tout un pan des terres émergées se produira en générant autant d’incendies. De même la diminution du niveau des nappes phréatiques par endroit pourrait générer d’importants stress hydriques.
Face à l’Inde, à la Chine, aux Etats-Unis, le sous-continent européen ne pourra pas, même avec une politique écologiste malthusienne, influer réellement sur le climat en s’abstenant de produire ou d’agir.
Il s’agit donc ici d’inverser le paradigme et de considérer la technologie humaine comme une émanation même de sa nature créative. Tout comme la fourmi construit une fourmilière, l’abeille la ruche, l’être humain est industrieux et produit dans ce processus des déchets. Si l’être humain produit des déchets, il peut aussi limiter leur production, les recycler, créer des technologies réparatrices afin d’assister les processus naturels un peu comme le ferait un pacemaker avec un cœur naturel devenu défaillant.
L’écologie moderne propose de mettre les machines au service de l’Humain en destinant une partie de la technologie à la réparation et au soin d’une nature actuellement déséquilibrée par les activités humaines, en particulier, l’artificialisation des sols, la production des déchets plastiques en sus d’une attitude plus éco-responsable. Mettre en place des stations de production d’eau, des drones d’assistance à la lutte contre les incendies, repenser les villes afin de permettre la mise en place de lieu de drainage de l’eau, penser et optimiser l’usage des eaux usées, dépolluer ce qui peut l’être, entamer un programme ambitieux de préservation de la biodiversité y compris par la collecte génétique d’animaux en voie d’extinction.
Si l’Union européenne ne peut pas à elle seule résoudre la question environnementale mondiale, elle peut ainsi générer une nouvelle prise en charge de celle-ci par le biais d’un investissement massif dans l’innovation verte et une réflexion sur la taxation des robots qui pourraient eux-aussi payer des cotisations sociales et donc nos retraites dans un contexte de baisse de la natalité européenne.
La technologie est déjà présente dans notre quotidien : ordinateur, smartphone, réveil, machine à café, caisses automatiques et s’étend peu à peu en termes de diffusion et de capacité. L’intelligence artificielle transformera profondément nos sociétés et notre économie avec la destruction d’un nombre important d’emplois tels que nous les connaissons aujourd’hui avec les risques de déséquilibres sociaux qui en découleront si l’impact économique pour les familles n’est pas dès à présent réfléchi.
La transition écologique n’aura pas lieu sans transition technologique.
