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Le risque de l’ectogénèse (utérus artificiel)

L’humanité fait face aujourd’hui à l’ultime possibilité pour se libérer des affres du corps humain et de sa reproduction. L’avancée technologique est majeure et à notre porte : l’ectogenèse ou pour parler dans un langage davantage compréhensible, la reproduction au sein d’un utérus artificiel ou couveuse

L’ectogenèse serait donc la procréation d’un être humain permettant le développement de l’embryon et du fœtus dans un utérus artificiel, assurant les diverses fonctions de l’utérus humain. Ce terme a été inventé par le généticien britannique J. B. S. Haldane en 1923. Il est fort probable que dans moins de 10 ou 30 ans, cette possibilité imaginée soit réalité.

L’existence de l’ectogenèse aurait plusieurs conséquences tant biologiques, spirituels ou sociales. Le premier effet serait, de prime abord, de permettre à des personnes dépourvues d’utérus, que ce soit des hommes ou des femmes, d’envisager une grossesse sans passer par la gestation pour autrui (GPA) ceci, sous réserve d’un ajustement des prix autour ce qu’il y a lieu de nommer le bio capitalisme. Il serait délicat de mesurer les effets d’une telle grossesse en dehors d’un corps humain sur le développement sensoriel et spirituel d’un humain. Il s’agirait assurément en tous les cas d’une rupture fondamentale d’un point de vue culturel.

L’effet social de l’existence d’une telle technologie pourrait être désastreuse pour le tissu social mettant en cause le droit à la maternité naturelle des femmes aux yeux de leur employeur. Le second risque réside dans l’accentuation des biais de genre avec une pression à l’engendrement non paritaire de fœtus humain en faveur d’une procréation majoritairement d’êtres humains mâles. L’échographie précoce ayant eu cet effet en sus des infanticides de filles dans de nombreux pays d’Asie, la technologie en matière reproductive n’étant pas toujours synonyme de progrès idéologique. Le déséquilibre démographique risque de générer une pression accrue sur les femmes restantes (harcèlement de rue, viol, traites des êtres humains) et une diminution de leurs droits civils et politiques du fait de la pression sociale. La rareté des femmes n’ayant pas pour effet d’en augmenter la valeur sociale au sein des pays d’Asie, elles sont, au contraire davantage soumises à la violence du groupe. Alors que le genre féminin est de façon naturelle majoritaire à la naissance (avec 52% de filles), le risque est une inversion durable de cette tendance au sein des pays pratiquant une discrimination de genre systémique. 

Ainsi, face à cette potentielle révolution technologique, une réflexion éthique doit être menée dès à présent. En effet, en raison de l’absence de communication in utero entre la mère et l’enfant, entre les corps et l’environnement sensoriel, l’ectogenèse peut potentiellement conduire à un délitement social ainsi qu’à une remise en cause même de l’existence du genre féminin au sein de l’espèce humaine coupée de sa filiation générationnelle carnée. La naissance au sein d’un utérus artificiel peut générer aussi la création d’êtres humains sans certificat de naissance et donc, sans aucun droits. Ces enfants nés en laboratoire pourraient potentiellement être victimes de tous les trafics sans que leurs parents biologiques soient même au courant de leur existence.

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